Publicado en línea el Sábado 28 de octubre de 2017, por Eugenio Raúl Zaffaroni*

Notre idée d’une « dictature » a l’habitude d’évoquer la dernière et, pour le plus ayant d’une bonne mémoire, celle de 1955 [en Argentine] ou même celle de 1930, sans compter avec d’autres périodes plus discutables. Il nous préoccupe qu’à ce concept diffus parfois l’on parlé aujourd’hui d’une « dictature », parce se confond la nature de l’actuel moment politique et trompe la critique.

Résolument, nous ne vivons pas sous une dictature, parce que ce modèle est passé de mode : il correspond à une étape précédente du colonialisme, qui bien qu’il continue avec sa stratégie d’approfondir notre condition périphérique, il le fait maintenant avec tactiques différentes aux dictatoriales.

Après l’implosion du totalitarisme du soi-disant « socialisme réel », le capitalisme a fait un tour vers le totalitarisme qui en a fini avec sa variable keynésienne, en installant dans le pouvoir des technocrates qui manient des entreprises transnationales au détriment de la politique, qui perd au bénéfice de ces chiefs executive officers, qui sont la nouvelle oligarchie planétaire, qui rassemble déjà à 1 % de l’humanité l’équivalent de ce qui reçoit LE 57 % plus pauvre d’elle.

Ce n’est pas le produit de la concentration de capital qui prédisait la Cour Suprême américaine des États-Unis d’Amérique à la fin du XIXe siècle, en imaginant qu’un jour les monopoles devaient « répandre » un peu de richesse pour créer un marché de consommation, ou le fait que prévoyait Lénine avec une fin complètement différente. Les choses n’ont pas été par aucun de ces chemins, parce qu’il y a cent ans on ne pouvait pas être estimé qu’un jour feraient irruption les masses d’argent de propriétaires inconnus, pilotées par des technocrates, qui cherchaient de ramasser seulement le plus d’argent dans le moindre lapse de temps possible aux dépens de commettre des « macro-délits », dont leur croissance dépassait largement celui de la production et que cette ardeur ploutocratique ne s’arrêtait pas même face à la détérioration accélérée des conditions de vie il humaine sur la planète.

Par-dessus le marché, l’argent qui se concentre n’existe pas, ni même dans les billets verts en lesquels tous avons confiance, parce que bien que ce soit un mensonge, seulement une part minime de tous les billets qui sont comptabilisés et circulent dans un ordinateur existe dans la réalité. Comment est-ce que cela est possible ? Très simple : l’argent que nous déposons dans les banques est preté et revient aux banques qui recommencent à le prêter à nouveau et, enfin, les billets qui restent dans la banque sont à peine une septième partie de ceux que nous remettons quand ont déposé, de manière que si tous retirions nos dépôts, les banques ne pourraient pas les rendre, ils feraient faillite parce qu’ils ne les ont pas.

Le soi-disant « néolibéralisme » (avec le pardon des vieux libéraux, qui avec tous ses défauts n’ont jamais pensé d’incohérence semblable) défend la « liberté » de cette fiction qui est les corporations, mais non des êtres humains de viande et d’os et, de plus il elle théorise, emparé des universités, du Prix Nobel d’Économie et des monopoles de moyens.

Ce pouvoir totalitaire avance dans le monde à une propulsion des délits de dimensions astronomiques : des escroqueries, une contrainte, des administrations frauduleuses, des subornations, je travaille un esclave à distance, et un énorme appareil de dissimulation par recel [1], qui est le service de recyclage d’argent de l’hémisphère du nord, qui légalise le produit de toute la criminalité organisée et de l’évasion fiscale de tout le monde.

Le totalitarisme corporatif lutte contre la politique en affaiblissant son instrument de celle-ci, ou bien, l’État. Dans les pays siège des corporations ses leaders politiques sont agents des ces corporations, au moins de la trahison mondiale à la politique préconisée principalement par Reagan et Thatcher. Notre région d’Amérique n’échappe pas à la règle : ils affaiblissent nos États.

Comment le font-ils ? Grâce à l’active subornation. C’est-à-dire en offrant et en payant des « gratifications » qui leur permettent de prendre comme otages les politiciens qui leur sont fonctionnels ; en affaiblissant l’autonomie des pouvoirs judiciaires avec leur « propres » juges ; en corrompant les policiers grâce à l’interdiction de drogues ; en neutralisant la défense nationale après avoir impliqué les forces armées dans des fonctions policières ; en montrant à la politique comme sale, corrompue et perverse ; en créant les hommes politiques qui ne se présentent pas comme hommes politiques (des imitation de Trump) ; en stigmatisant le syndicalisme ; en fabriquant des ennemis, comme les Mapuche et les adolescents de quartiers précaires ; en se mettant aux services d’informations autonomisées ; en diffamant tout dissident et défenseurs de Droits de l’Homme et de l’environnement ; en faisant taire toute voix différente ; et quand tout cela n’est pas assez, font appel à la violence institutionnelle, et nous pourrions écrire quelques pages plus détaillées.

Bien entendu que la colonne vertébrale ou l’instrument central indispensable à ce travail destructeur sont les monopoles de médias qui sont aussi corporations et qui créent une réalité virtuelle qui s’appelle aujourd’hui « posverdad », mais qui n’est pas tout à fait nouvelle ni différente de Göbbels et de la fable des « Protocoles des savants de Sion », sauf qu’aujourd’hui la technologie du « marketing » est plus développée.

Ce pouvoir totalitaire colonialiste et délinquant il n’installe pas une « dictature », mais il détériore et dégrade l’État de droit (qui soumet à tous de la même façon face à la loi), qui jamais dans le monde réel ne devient comme son modèle idéal. L’État de droit est une capsule qu’il contient son contraire, qui est l’État de police (qui soumet tous à la volonté arbitraire de ceux qui commandent), qui n’est jamais non plus comme son modèle idéal.

Les États réels oscillent entre les deux modèles idéaux dans une tension continue de pulsions entre la capsule qui essaie de contenir celles de l’État de police, et celui-ci qui essaie de la perforer et de la faire éclater. Ce que nous vivons est le produit des perforations que l’État de police obtient dans la capsule de l’État de droit c’est-à-dire l’affaiblissement programmé de ci-mentionné.

Nous vivons dans un État de droit détérioré, dégradé, débilité, avec détérioration de la politique et des institutions démocratiques, avec perte de sécurité juridique, dépourvue d’une justice impartiale, avec un Exécutif unipersonnel qui manipule le Législatif et le Judiciaire, avec un monopole médiatique qui crée une réalité sur mesure, c’est-à-dire, un État qui perd en souveraineté et avec elle son indépendance, comme elle le suette, cette étape du colonialisme, inhérent à la condition périphérique du totalitarisme corporatif.

Ce n’est pas une « dictature », mais une crise de l’État de droit, son affaiblissement conformément à l’actuel moment régional d’étape avancée du colonialisme imposée par le totalitarisme corporatif qui frappe en avançant dans le monde.

Mais il n’y a pas de pouvoir massif, sans contradictions, des orifices de fuite ni fissures ; si une fois il avait existé, ni le lecteur aurait lu cela je pourrais ne l’écrire.

Nous savons que ce système ne pas viable (« Laudato si »). L’humanité ne se suicidera pas, l’histoire est dans nos mains et la lutte pour le droit continue et il continuera, mais non contre une dictature, mais contre les pulsions d’un totalitarisme corporatif et ploutocratique qu’il dégrade à l’État de droit, en l’affaiblissant pour nous soumettre encore plus et mieux.

Eugenio Raúl Zaffaroni* pour La Tecl@ Eñe.

La Tecl@ Eñe. Buenos Aires, 5 octobre 2017.

*Eugenio Raúl Zaffaroni. (Buenos Aires, le 7 janvier 1940) il est un avocat et un notaire argentin gradué dans la faculté de Droit et de Sciences Sociales de l’Université du Buenos Aires en 1962, docteur des Sciences Juridiques et Sociales par l’Université Nationale du Littoral (1964), et juge de la Cour Suprême de Justice argentine dès 2003, jusqu’à 2014 quand il a présenté sa démission pour être arrivé à la limite d’âge qui fixe la Constitution. Actuellement Juge à la Court Interamericaine de Droits de l’Homme.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris, le 28 octobre 2017

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[1] Le recel est le fait de dissimuler quelque chose. On comprend par receler par la dissimulation des effets du délit. Le délit de recel est c’est pourquoi un délit précédé un autre. Ce délit précédent doit être un délit dirigé contre l’ordre patrimonial ou socio-économique.


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