Publicado en línea el Domingo 28 de enero de 2018, por Eugenio Raúl Zaffaroni*

Le programme économique de ce gouvernement conduit à une crise profonde, qu’elle soit à court ou à long terme. Cela implique une production avec une faible valeur ajoutée, une réduction de la consommation interne et une crise des petites et moyennes entreprises. C’est-à-dire du chômage, ce qui fait que le programme est d’un point de vue social insoutenable et peut dériver en davantage d’exclusion et, notamment dans davantage de délits contre la propriété.

D’autre part, le projet économique repose sur des prêts qui ne seront pas renouvelés (car au seuil maximum de l’endettement), selon les avertissements de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds Monétaire International. C’est à dire que le projet est aussi financièrement insoutenable.

Où allons-nous ? Je crois que si ce programme ne s’arrête pas avant, nous allons vers un nouveau 2001 avec de très graves conséquences de toute ordre.

Un gouvernement élu a, bien entendu, le droit de gouverner. Mais non de casser l’État de droit, de criminaliser toute opposition et encore moins de provoquer une catastrophe.

Personne n’a aujourd’hui le pouvoir de déséquilibrer ou déstabiliser l’actuel gouvernement. Aucun parti. Aucune force politique. Même la CGT ne peut pas le faire. Le gouvernement a tout entre ses mains et personne, absolument personne, ne peut le faire bouger. Le problème est, justement, que l’unique déstabilisation possible sera provoquée à moyen ou long terme par le projet économique non viable du p gouvernement lui même. Je me limite à les prévenir de cela, bien que je sache que pour le gouvernement tout avis est inutile pour le moment. Nous devons résister contre cela, parce que cela peut générer de la violence et- même si le gouvernement ne la provoque pas, ce que je crois difficile s’il ne se modère pas avant, une situation de cette nature est absolument indésirable.

Depuis que j’ai pris connaissance du projet économique, j’alerte sur ce risque. Je ne le dis pas seulement maintenant. Je le dis depuis deux ans. Je dis aux argentins qu’ils fassent attention, qu’ils ne répondent pas par la violence à quelque provocation. Nous sommes en face d’un groupe de pouvoir qui souffre d’une illusion optique infinie dans son arrogance sans limite, qui fait route vers un précipice et qu’ il le confond avec une forêt tropicale, qui souffre de graves altérations senso-perceptives.

C’est pourquoi j’affirme que plutôt ils s’en iront, mieux cela sera. Pourvu que ce soit en 2019. Mais s’ils ne lèvent pas un peu le pied de l’accélérateur de ce chemin de malheur, un accident peut survenir avant. Au moins ils doivent ralentir un peu. Dans le cas contraire, ils vont, eux même se mettre le pays à dos. Les expériences historiques pas si lointaines de crises avec des programmes similaires montrent que ces accidents finaux ne préviennent pas et leurs conséquences sont très douloureuses.

En résumé : le fait politique peut toujours être résolu, l’économique est plus difficile, mais peut s’arranger à la fin (bien qu’il produise de la douleur et en étant de la violence sociale), mais l’unique chose que nous ne pouvons pas résoudre ce sont les morts, parce que personne ne peut les ressusciter. C’est ce que nous devons éviter à tout prix. Nous devons éviter la violence d’où qu’elle vienne. Toute violence, vue rétrospectivement, est insensée. Quand nous la voyons avec la distance d’un certain temps, nous nous rendons compte à quel point cela a manqué de sens. Ceci est le primaire. Le reste, tôt ou tard se résout.

Eugenio Raúl Zaffaroni* pour Página 12

Página 12, Buenos Aires, 28 janvier 2018

Titre original : « Où allons-nous ? »

*Eugenio Raúl Zaffaroni. (Buenos Aires, le 7 janvier 1940) il est un avocat et un notaire argentin gradué dans la faculté de Droit et de Sciences Sociales de l’Université du Buenos Aires en 1962, docteur des Sciences Juridiques et Sociales par l’Université Nationale du Littoral (1964), et juge de la Cour Suprême de Justice argentine dès 2003, jusqu’à 2014 quand il a présenté sa démission pour être arrivé à la limite d’âge qui fixe la Constitution. Actuellement Juge à la Court Interamericaine de Droits de l’Homme.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi.

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