Publicado en línea el Lunes 4 de marzo de 2019, por Fidel Castro Ruz

À la suite du sabotage du vapeur La Coubre le 4 mars 1960, plus d’une centaine de Cubains ont perdu la vie, dont des dockers, des travailleurs portuaires et des membres de l’armée rebelle. Granma rappelle cette date à travers des fragments du discours prononcé par Fidel lors des funérailles des victimes, le 5 mars 1960

Le peuple n’a pas été terrifié par l’explosion ; le peuple s’est dirigé là où elle avait eu lieu, le peuple s’est armé, non de peur, mais de courage, et, même s’il ne savait pas ce qu’il s’était passé, il y est allé, tout comme l’ont fait les ouvriers, les miliciens, les soldats et les autres membres de la force publique pour prêter tous les secours qu’ils pouvaient. (...).

Ceux qui désiraient que nous ne recevions pas ces explosifs, ce sont les ennemis de notre Révolution, ceux qui ne veulent pas que notre patrie puisse se défendre, ceux qui ne veulent pas que notre pays soit en condition de défendre sa souveraineté.(…)

Alors, pourquoi ne veut-on pas que nous ayons les moyens nécessaires ? Tout simplement parce qu’on ne veut pas que nous puissions nous défendre, parce qu’on nous veut sans défense. Et pourquoi veut-on que nous soyons sans défense ? Pour nous faire plier, pour nous soumettre, pour que nous ne résistions pas aux pressions, pour que nous ne résistions pas aux agressions. Peuvent-elles avoir le droit d’entraver nos efforts pour acheter des moyens de défense, les autorités d’un pays qui n’0nt pas pu empêcher que leur territoire soit utilisé systématiquement pour nous bombarder ? (…)

Et ce ne sont pas des faits isolés. Pourquoi ? Qui pourrait s’étonner qu’un navire explose dans le port quand des ouvriers travaillent ? Qui pourrait s’étonner d’un sabotage qui coûte du sang de travailleurs ? Qui pourrait s’en étonner quand voilà à peine un mois, et peut-être même moins, un avion étasunien, provenant du territoire étasunien et piloté par un Étasunien a tenté de larguer une bombe étasunienne sur un centre de travail où il y avait plus de deux cents ouvriers ? (…)

Sauf que, maintenant, liberté veut dire quelque chose de plus, liberté veut dire : patrie. Et notre alternative serait donc : la patrie ou la mort !

Ainsi donc, en un jour pareil, de deuil et de tragédie, douloureux pour le peuple, douloureux pour le gouvernement, douloureux pour les familles des ouvriers, des soldats, des citoyens qui sont tombés, en un moment pareil, en un moment aussi important, il est bon de préciser les choses, de dire que nous sommes disposés à résister, et pas seulement du point de vue militaire. Ils croient peut-être que nous sommes assez courageux pour mourir, mais pas pour résister aux privations. Eh bien, les hommes ont du courage pour résister même à des privations inimaginables. (…)

Et en leur disant adieu au seuil du cimetière, une promesse qui, plus qu’une promesse d’aujourd’hui, est une promesse d’hier et de toujours : Cuba ne flanchera pas, Cuba ne reculera pas ; la Révolution ne s’arrêtera pas ; la Révolution ne reculera pas : la Révolution ira de l’avant, victorieuse ; la Révolution poursuivra sa marche, inébranlable !

Voilà la promesse que nous faisons, non pas à ceux qui sont morts, parce que mourir pour la patrie c’est vivre, mais aux compagnons dont nous garderons le souvenir comme de quelque chose qui nous appartient ; pas dans le souvenir ou dans le cœur de quelqu’un ou de quelques-uns, mais dans le seul souvenir indélébile : le souvenir ancré dans le cœur d’un peuple.

Fidel Castro Ruz, le 5 mars 1960

Granma. La Havana, le 4 mars 2019


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