Publicado en línea el Jueves 30 de abril de 2020, por Raúl Kollmann

L’offensive médiatique sur la crise carcérale posée par le coronavirus, menée à son paroxysme par les conclusions délirantes d’une sénatrice de Juntos por el Cambio, tente d’installer l’idée absurde qu’il existe en Argentine un plan qui vise à « libérer le prisonniers » à des fins politiques cachées. Un coup d’oeil sur ce qui se passe dans d’autres pays démolit ce point de vue.

Au cours des 20 derniers jours, à la suite de la pandémie, il y a eu une vague mondiale d’atténuation des peines des prisonniers. Un seul État US, la Californie, a envoyé 3 500 détenus chez eux, mais les chiffres sont impressionnants dans tous les pays. Les raisons sont au nombre de trois :

<http://www.elcorreo.eu.org/local/ca...> La première est que la prison est l’opposé de l’isolement et les prisonniers meurent. Mais pas seulement les prisonniers, aussi les gardiens, les médecins, les infirmières et une partie du personnel des prisons.

<http://www.elcorreo.eu.org/local/ca...> La deuxième raison est que ce dernier événement provoque un énorme absentéisme du personnel. En Écosse, 25% des gardiens manquaient lundi. En fait c’est une mesure préventive pour éviter qu’il n’ y ait plus personne pour s’occuper et contrôler les détenus.

<http://www.elcorreo.eu.org/local/ca...> La troisième raison est la contagion. Non seulement à l’intérieur de la prison, mais à l’extérieur. Chicago a établi que la prison de Cook Jail, qui compte 355 personnes infectées, a été le principal foyer d’infection de la ville. La prison de Marion dans l’Ohio détient le record, sûrement un record mondial : 1 800 détenus infectés. Et cela ne reste pas enfermé dans les murs. Bien que la plupart des gens ne le savent pas, de nombreuses personnes, évidemment pas des prisonniers, entrent et sortent d’une prison chaque jour et ont un contact étroit avec le monde qui les entoure.

Les chiffres dans certains pays sont impressionnants :

Iran a libéré 85 000 prisonniers, un chiffre énorme ; Turquie a envoyé 45 000 dans leurs maisons ; Indonésie 30 000 ; Brésil, le calcul le plus restrictif est que quelque 30 000 détenus ont été libérés de prison. Certains disent que le double de ce nombre est déjà à la maison ; France, jusqu’au 13 avril, a libéré 9 923 détenus selon des données officielles de l’Assemblée nationale, publiées par le journal Nice-Matin. Depuis 13 avril à aujourd’hui, ce chiffre a longtemps dépassé les 10 000 ; Royaume-Uni, le système fédéral compte 84 000 prisonniers et 4 000 ont déjà été libérés, indique la BBC dans un rapport publié le 4 avril, ce qui signifie qu’aujourd’hui le nombre est beaucoup plus élevé. Le même journal indique qu’environ deux mille prisonniers sont infectés et que le goulot d’étranglement est celui du personnel pénitencier : l’absentéisme est massif, dont 25% d’absents en Ecosse ; États-Unis d’Amérique, le pays avec le plus grand nombre de prisonniers de la planète - 2,3 millions entre le gouvernement fédéral et les Etats- Pas seulement la Californie a envoyé à leur domicile 3 500 détenus, selon les données publiées par le journal The Guardian, de Londres. Le Gouverneur de New York a ordonné de la prison domiciliaire pour 1 100 détenus. La chaîne de droite Fox, a calculé que depuis près d’un mois le nombre de libérés, a dépassé les 16 000. Le Procureur William Barr a donné l’ordre de quitter les prisons fédérales aux détenus de plus de 60 ans, environ 10 000. Donald Trump lui-même était prêt à signer une instruction pour que la probation soit accordée à tous ceux qui ont purgé la moitié de leur peine. Le Président n’a finalement pas signé ce décret. Le vrai chiffre aujourd’hui est que 20% des prisonniers sont de retour chez eux et le New York Times estime que les Etats-Unis ont actuellement le plus petit nombre de prisonniers depuis la Seconde Guerre mondiale ; États-Unis du Mexique, selon une depeche Reuters, ont rendu une amnistie qui a profité à 6 200 prisonniers, dont la plupart ont été libérés avec des bracelets électroniques. Une partie n’est pas encore autorisée à partir car ils sont en cours de vérification pour voir s’ils sont infectés. Le total comprend 200 femmes emprisonnées pour avortement ; Chili « Aujourd’hui on a adopté une loi de pardon général, qui commute ou remplace la privation de liberté dans les établissements correctionnels de 1 700 personnes en prison domiciliaire ». La déclaration officielle du 16 Avril est signée par le Président Sebastian Piñera ; Colombie par le décret n° 546 le Président Ivan Duque, a ordonné la prison domiciliaire pour environ 4 000 détenus ; Allemagne un seul État allemand, la Westphalie, a libéré un millier de prisonniers ; Espagne a envoyé en prison domiciliaire tous les détenus dits de troisième grade, ce qui signifie qu’ils bénéficient déjà de sorties transitoires et qu’ils sont dans la dernière étape de leur peine. Au total, environ 8 000 ;

Il est facile de voir que toutes ces mesures ont été prises par des gouvernements de couleurs différentes, des présidents de droite, d’extrême droite, progressistes, centristes, islamiques, catholiques, anglicans ou non croyants. Il ne semble pas probable qu’ avec le coronavirus ait été mis au point une épidémie de piété ou d’amour du prochain.

L’explication est que tant l’Organisation mondiale de la santé, que la responsable des Droits de l’Homme Michelle Bachelet, ont décidé que les prisons sont une potentielle catastrophe en raison du danger d’infection au sein des structures parce qu’il n’y a pas de cadre nécessaire pour un quelconque maintien des distances ; dangers d’ infections parce que les gardiens, les médecins, les cuisiniers, les employés entrent et sortent ; parce que la surpopulation et la peur provoquent des émeutes sous toutes les latitudes et parce qu’il existe une multitude de détenus qui ne représentent pas de danger, même avec l’aide que l’on trouve aujourd’hui dans la technologie et les appareils tels que les bracelets au poignet et les bracelets de cheville.

Il existe un mythe selon lequel un détenu peut rompre ou se libérer de ces mécanismes électroniques. La réalité est que cela se produit dans un cas sur mille : Rares sont les ex-détenus qui vont risquer l’avantage d’être à la maison au lieu de purger leur condamnation dans l’enfer des prisons.

Cette image mondiale est celle qu’a expliqué [dialogue de lundi dernier avec le président Alberto Fernandez à Radio con Vos, précisément sur ce thème : « C’est n’est pas un problème propre à l’Argentine, parlons sérieusement » dit le Président. « La Commission Interaméricaine des Droits de l’ Homme a souligné que les États doivent répondre de la santé des détenus qui sont en prison et recommande la prison domiciliaire ou les bracelets électroniques. Le monde entier aborde ce problème ».

Página 12 . Buenos Aires, le 29 avril 2020. * Raúl Kollmann est un journaliste argentin. Entre 1976 et 1980 - années de la dictature civile et militaire argentine (1976-1983) - il a vécu quatre ans avec sa famille en Colombie. En 1988, il a commencé à travailler comme journaliste pour le journal Página 12 (Buenos Aires). En 2001, il a publié le livre « L’ombre d’Hitler : la vie secrète des gangs néonazis argentins ». Entre 2010 et 2017, Kollmann dirige l’émission « X-Rays » sur Radio del Plata. En 2017, il a été transféré à Radio 10. En 2012, Kollmann a lancé une série de tweets contre l’animateur controversé du programme de « periodismo para todos », Jorge Lanata.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora . Paris, le 30 avril 2020.

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